COMPLET – Colloque du Cn2r : soutien social et psychotraumatisme
Colloque du Cn2r – jeudi 19 et vendredi 20 mars 2026 – FIAP Paris : 30 Rue Cabanis, 75014 Paris
Le soutien social est identifié comme un facteur clé dans la prévention et le rétablissement après un psychotraumatisme. Cependant, sa définition précise, son influence et les mécanismes par lesquels il interagit avec le TSPT demeurent encore largement à explorer. Comment favoriser son rôle protecteur alors même que le TSPT peut altérer les relations sociales, fragiliser les réseaux de soutien et compliquer l’accès aux soins ?
Ce colloque, destiné aux professionnels, chercheurs et étudiants, sera l’occasion d’interroger ces dynamiques et de réfléchir aux meilleures façons d’intégrer le soutien social dans l’accompagnement des personnes concernées par les psychotraumatismes.
Il n’est désormais plus possible de s’inscrire au colloque qui a atteint le nombre maximum de participants. Nous vous ferons savoir si des places se libèrent.
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Keynote – Le soutien social comme intervention : repenser les trajectoires post-traumatiques – Hala Kerbage (jeudi 19 mars – 9h45-10h45)
Biographie
Le Dr Hala Kerbage est Maître de conférences des universités – praticien hospitalier en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’Université de Montpellier, et responsable du CRP enfants/adolescents du CHU de Montpellier. Ses travaux portent sur les trajectoires de résilience et de vulnérabilité après exposition au trauma, avec une attention particulière aux déterminants sociaux et environnementaux. Elle coordonne un essai contrôlé randomisé multicentrique évaluant une intervention familiale post-traumatique précoce, ainsi que des recherches sur le lien entre trauma, conduites suicidaires à l’adolescence et signatures épigénétiques. Elle dispose d’une expérience internationale en contextes de conflit et de migration, notamment au Liban, et développe des interventions transculturelles sensibles au contexte intégrant des dimensions biologiques, cliniques et sociales. Elle est membre de réseaux scientifiques internationaux dédiés au stress traumatique.
Résumé de l’intervention
Longtemps considéré comme un facteur contextuel ou un modérateur des effets du traumatisme, le soutien social apparaît aujourd’hui comme un levier central des trajectoires post-traumatiques. Cette conférence propose de repenser le soutien social non plus uniquement comme une ressource externe, mais comme une véritable intervention, susceptible d’influencer durablement les processus de vulnérabilité et de rémission. À partir de données cliniques, développementales et biologiques, seront discutés les mécanismes par lesquels les relations significatives modulent les réponses au stress traumatique, de l’enfance à l’adolescence. L’intervention abordera également les effets délétères de l’isolement, des ruptures relationnelles et des contextes sociaux adverses. Des exemples d’interventions centrées sur la famille, l’entourage et les systèmes de soins illustreront comment le soutien social peut être mobilisé de façon précoce et structurée. Enfin, cette keynote ouvrira une réflexion sur les implications cliniques, préventives et organisationnelles d’une approche du psychotraumatisme intégrant pleinement les dimensions relationnelles et sociales.
Symposium – Restaurer les liens sociaux après le traumatisme (jeudi 19 mars – 11h – 12h)
Soutenir la parentalité par une approche trauma-informée centrée sur les forces : étude mixte
Iris Knüppel, Manon Delhalle et Adélaïde Blavier – Université de Liège (Belgique)
Contexte : les parents ayant vécu de la maltraitance infantile présentent un risque accru de reproduire ces comportements. Les études suggèrent que l’adversité précoce et le trauma complexe qui en découle fragilisent le sentiment de compétence parentale (SCP), augmentant la vulnérabilité à des pratiques éducatives inadaptées et au risque de placement. Cette étude examine le rôle du SCP dans la relation entre maltraitance vécue, trauma et pratiques éducatives, ainsi que l’effet d’une intervention basée sur les forces pour renforcer le SCP et la sensibilité parentale.
Méthode : étude mixte combinant : (1) une analyse quantitative auprès de 1904 mères d’enfants (3–8 ans) explorant les liens entre maltraitance subie, SCP et pratiques éducatives ; (2) une analyse qualitative auprès de 13 parents d’enfants placés (0–5 ans) ayant bénéficié de l’Intervention Attachement Visite Parentale (IAVP), centrée sur les forces et la vidéo-rétroaction.
Résultats : le SCP agit comme mécanisme entre maltraitance infantile et pratiques éducatives. Un SCP faible est associé à des difficultés dans la mise en place de règles et la cohérence disciplinaire. L’IAVP favorise la restauration de l’estime de soi, la motivation parentale et la collaboration avec les intervenants, soutenant la réparation du lien d’attachement
Perspectives : Ces résultats soulignent la pertinence d’approches parentales trauma-informées et centrées sur les forces, telles que l’IAVP. En ciblant les compétences des parents et en adoptant une posture plus symétrique, elles favorisent la rétention dans les services, améliorent durablement les compétences parentales et réduisent la récurrence des mesures de protection de l’enfance.
Mise en place d’un screening standardisé des expositions traumatiques et du trouble de stress post-traumatique auprès des mineurs non accompagnés suivis par France Terre d’Asile Hérouville Saint-Clair (Calvados) : faisabilité et résultats préliminaires
Kévin Ghainder et Bruna Gomes Lopes – Assistance publique – Hôpitaux de Paris (France) et CHU de Caen (France)
Contexte : les mineurs non accompagnés (MNA) présentent de nombreuses expositions traumatiques liées aux parcours migratoires, majorant le risque de trouble de stress post-traumatique (TSPT). Malgré cela, le repérage clinique reste peu développé dans les structures d’hébergement, alors même que ces jeunes rencontrent des obstacles importants d’accès aux soins spécialisés. Cette étude analyse la faisabilité d’un dépistage du TSPT auprès de MNA suivis en structure socio-éducative.
Méthode : les MNA volontaires de 16 ans et plus suivis à France Terre d’Asile Hérouville Saint-Clair entre décembre 2023 et mars 2024 ont eu entretien individuel incluant la passation des échelles LEC-5 et PCL-5. Ceux ayant un score PCL-5 supérieur à 32 étaient orientés vers une équipe spécialisée.
Résultats : sur 90 sujets suivis, 18 ont accepté le dépistage et 16 ont été inclus. Parmi eux, 87,5 % rapportaient au moins un événement traumatique, avec une moyenne de 3,5 événements. Un TSPT probable a été identifié chez 28,6 %. Les sujets identifiés avec un TSPT probable se montrent plus enclins à accepter un suivi, suggérant que la détresse favorise la demande de soins. Le faible taux d’acceptation questionne la temporalité du dispositif : pour plusieurs sujets, l’évocation de leur vécu intervient trop tôt, avant qu’un lien de confiance ne soit établi. Des réticences existent chez certains travailleurs sociaux à aborder le psychotrauma.
Perspectives : Mise en place de groupes de psychoéducation, intégration d’un·e psychologue, et maillage renforcé entre structures sociales et dispositifs de santé mentale.
Du trauma à l’isolement : perturbations de la cognition sociale dans le stress post-traumatique
Maryline Couette – Assistance publique – Hôpitaux de Paris (France)
Contexte : face à une menace vitale, les mammifères réagissent par la fuite et le regroupement. Cet instinct de cohésion favorise la survie grâce au collectif. Être social est une condition intrinsèque à l’humain, dont la sécurité dépend du lien à autrui. Or, le traumatisme, par sa violence, pulvérise ces certitudes de sécurité et plonge le sujet dans une sidération muette. Le langage, socle de nos interactions, fait défaut pour traduire l’indicible. Au-delà des perturbations émotionnelles et cognitives du trouble de stress post-traumatique (TSPT), la cognition sociale (cette capacité à comprendre et interagir avec autrui) s’avère profondément altérée.
Méthode : deux revues systématiques ont été menées sur la cognition sociale dans le TSPT survenu à l’âge adulte ; l’une centrée sur les aspects comportementaux, l’autre sur les soubassements neuroanatomiques.
Résultats : la première a mis en évidence des perturbations majeures des composantes de la cognition sociale (reconnaissance des émotions faciales, empathie et théorie de l’esprit). La seconde a montré une rupture fronto-limbique dans ces réseaux, parfois sans déficit comportemental manifeste, suggérant un surinvestissement cérébral compensatoire conduisant à un épuisement rapide.
Perspectives : les perturbations de la cognition sociale contribuent à la dégradation des relations sociales, avec irritabilité, agressivité, et/ou repli. Les patients, épuisés par des interactions coûteuses sur le plan attentionnel, se retrouvent isolés. Cet isolement, qu’il découle de l’incompréhension d’autrui ou du retrait du sujet, prive le patient d’un soutien social pourtant essentiel à la résilience et à la reconstruction.
Keynote – Etudier le soutien social et les trajectoires post-traumatiques en recherche participative : l’exemple de l’étude Sociotrauma – Wivine Blekic (jeudi 19 mars – 14h-15h)
Biographie
Wivine Blekic est docteure en psychologie. Ses travaux portent sur l’étude du stress, du trauma et des trajectoires post-traumatiques. Ils visent à comprendre les processus cognitifs et émotionnels impliqués dans la vulnérabilité et la résilience après exposition à des événements potentiellement traumatiques, dans le cadre d’une approche neuroscientifique, computationnelle et participative, articulant recherche fondamentale et enjeux cliniques.
Résumé de l’intervention
Le soutien social est reconnu comme l’un des facteurs protecteurs les plus robustes à la suite d’événements potentiellement traumatisants. Pourtant, il demeure, encore largement sous-exploité en pratique clinique comme en recherche, le soutien social perçu constituant le plus souvent la seule dimension évaluée. Afin d’appréhender plus finement les dynamiques sociales à l’œuvre après un traumatisme, le recours à une démarche de recherche participative apparaît particulièrement pertinent. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’étude présentée, développée au sein du dispositif de recherche participative du CN2R. Elle repose sur une application web coconstruite avec des patients partenaires, dont l’expérience vécue a contribué à orienter les choix méthodologiques et les axes d’investigation. L’étude Socio-Trauma, impliquant des personnes concernées à différentes étapes du processus de recherche, vise à saisir la diversité des trajectoires post-traumatiques et des dynamiques relationnelles associées au trauma, dans l’objectif de mieux intégrer la dimension du lien social dans les interventions en santé mentale. Cette communication présentera la construction de l’étude ainsi que ses premiers résultats.
Symposium – Vivre et transformer les traumatismes collectifs (jeudi 19 mars – 15h15 – 16h15)
Entre trauma et cohérence : narrer le poids des crises collectives chroniques dans les trajectoires identitaires
Laura-Joy Boulos et Mélissa Allé – Université Saint-Joseph de Beyrouth (Liban) et Université de Lille (France)
Contexte : dans un contexte marqué par la chronicité des crises, le projet ENSA explore la manière dont les individus structurent leurs récits de vie et élaborent leur identité en situation d’incertitude et d’instabilité prolongées. L’objectif est de comprendre comment les expériences collectives de crise continue influencent la cohérence narrative et l’intégration du vécu traumatique.
Méthode : à partir de la première base nationale de récits de vie au Liban, constituée dans le cadre du projet ENSA (2021–2025), nous avons comparé cinq groupes : une cohorte « saine » libanaise, une cohorte « saine » française, un groupe clinique (symptômes de stress post-traumatique et de dépression), ainsi que deux groupes de personnes déplacées internes et externes (diaspora). L’analyse repose sur une combinaison de codages narratifs (Habermas et al., 2012) et de mesures psychométriques, permettant une lecture pluridimensionnelle cognitive, émotionnelle et sociale.
Résultats : les analyses révèlent des différences significatives dans la cohérence temporelle et thématique des récits. Les récits des participants libanais sont moins structurés temporellement que ceux des Français, mais davantage ancrés dans les événements historiques collectifs. Les personnes présentant un stress post-traumatique accordent une centralité accrue aux événements négatifs, tandis que les individus dits « sains » montrent une cohérence narrative plus faible.
Perspectives : à l’issue de la lecture croisée de nos résultats, articulant facteurs internes et déterminants sociaux, nous proposons pour prochaine étape le développement d’outils numériques et d’analyses multimodales (TAL + analyse vocales), afin d’élaborer une approche intégrative du trauma et de la santé mentale adaptée aux contextes multicrises.
« Toutes les guerres se jouent deux fois, d’abord sur le champ de bataille, puis dans la mémoire collective » : trauma et transformation aux lendemains de la guerre états-unienne au Vietnam
Mai Chi Dang – Université Sorbonne Paris Nord (France)
Au retour de la guerre du Vietnam (1955-1975), les vétérans états-uniens se mobilisent collectivement pour obtenir reconnaissance et réparation. Le Post-Vietnam Syndrome émerge conceptuellement, aboutissant à l’inscription du PTSD dans le DSM-III. Au Vietnam, où ce conflit est nommé « guerre états-unienne », la prise en charge psychiatrique demeure limitée (600 psychiatres pour 99 millions d’habitants en 2021), orientant la population vers d’autres modalités de soin. Cette recherche explore les récits et les processus de transmission (ou non-transmission) des vécus traumatiques de cette
guerre au sein des familles hanoïennes. Elle interroge notamment la place de la famille et du groupe dans les dynamiques de transformation et de care. Inscrite dans une démarche qualitative, cette étude s’appuie sur deux immersions de terrain et des entretiens semi-directifs menés à Hanoi. L’analyse porte sur les récits familiaux et les modèles de transmission trans et intergénérationnelle des traumatismes de guerre. Dans ce contexte ancré dans divers apports spirituels et culturels, le soutien social apparaît comme une ressource centrale. La réponse étatique (monuments commémoratifs, espaces de culte, fêtes nationales) renforce les dynamiques collectives et maintient l’illusion groupale. Ces lieux-mémoires deviennent des espaces de transition, de symbolisation et de pair-aidance. Au niveau familial, des pratiques privées (anniversaires de mort, rassemblements, cultes et rites) offrent des espaces d’entraide et de soutien mutuel. Cette recherche contribue
à documenter les modalités d’accompagnement des psychotraumatismes d’ailleurs, où la famille devient vecteur de négociation entre les mondes et espace de restauration du lien social, dans un contexte en rupture de cadre et d’ancrage.
Effets protecteurs de la pratique musicale après « la mise à mort de la musique » pour les personnes présentes à la salle de concert du Bataclan le 13 novembre 2015
Elodie Fraile – Université de Caen Normandie (France)
Contexte : le rôle protecteur de la musique après une exposition traumatique a été suggéré dans plusieurs travaux. En revanche, aucune étude n’a examiné la place de la musique lorsque le psychotraumatisme est associé à un contexte musical, comme lors des attentats terroristes perpétrés dans la salle de concert du Bataclan le 13 novembre 2015.
Méthode : dans le cadre du « Programme 13-Novembre », (1) les liens entre la pratique musicale et la spécificité des formes lexicales des récits traumatiques de 23 victimes du Bataclan, (2) l’impact de la pratique musicale sur les stratégies de coping et la croissance post-traumatique de 50 victimes du Bataclan, ainsi que (3) le potentiel rôle modérateur de la sévérité du Trouble de Stress Post-Traumatique dans cette relation ont été étudiés un an et trois ans après les attentats.
Résultats : les résultats suggèrent que la fréquence de la pratique musicale a un effet protecteur sur les stratégies de coping axées sur la résolution de problème (B = 0.220, p = .033) et la pensée positive (B = 0.247, p = .030) un an après les attentats. Ils indiquent également que le lien entre la fréquence de la pratique musicale et les stratégies de coping axées sur la pensée positive s’est renforcé avec la sévérité des symptômes du TSPT (B = 0.345, p =.011) trois ans après les attentats.
Perspectives : l’implication clinique de cette étude serait d’encourager les professionnels de la santé mentale à recommander la pratique musicale dans les cas d’exposition à des événements potentiellement traumatisants.
Keynote – The social life of trauma: symptom networks, support systems, and post‑traumatic trajectories – Cherie Armour (vendredi 20 mars – 10h45-11h45)
Biographie
Pr Cherie Armour est une experte de renommée internationale en psychologie des traumatismes, spécialisée dans le trouble de stress post-traumatique, la comorbidité et les trajectoires longitudinales de la santé mentale. Ses recherches intègrent des méthodes quantitatives avancées, notamment l’analyse en réseaux, l’analyse en classes latentes et la modélisation de la multimorbidité, afin de comprendre l’hétérogénéité des réactions aux traumatismes chez les populations militaires, civiles et communautaires. Elle a publié de nombreux articles sur la structure des symptômes du TSPT, le rôle du soutien social dans le rétablissement et l’impact psychologique à long terme des conflits, du terrorisme et des traumatismes collectifs. Pr Armour a dirigé d’importants programmes de recherche financés à l’échelle nationale et internationale, contribué à l’élaboration de politiques et siégé à des conseils d’experts portant sur les pratiques informées par le trauma, sur la santé mentale des anciens combattants et sur la résilience au niveau de la population. Ses travaux soulignent l’importance d’intégrer la dynamique des symptômes individuels aux déterminants sociaux, organisationnels et culturels de la santé mentale.
Résumé de l’intervention
Comprendre le trouble de stress post-traumatique (TSPT), requiert d’aller au-delà de la simple énumération des symptômes et d’examiner les interactions dynamiques entre les individus, leur environnement social et les contextes collectifs dans lesquels le traumatisme se développe. Cette conférence plénière aborde les recherches sur les trajectoires du TSPT, en intégrant les mécanismes au niveau des symptômes, les déterminants sociaux et les processus au niveau de la population. En s’appuyant sur des travaux empiriques utilisant l’analyse en réseaux, la modélisation en classes latentes et des études de cohortes longitudinales, la présentation explore comment les symptômes du TSPT interagissent au fil du temps, comment les symptômes centraux et les symptômes passerelle façonnent la comorbidité, et comment ces patterns convergent et diffèrent entre les populations militaires, civiles et communautaires. Une attention particulière est accordée au rôle du soutien social, à la fois perçu et structurel, en tant que déterminant de la récupération, de la chronicité et de la résilience. Des données illustreront comment les relations interpersonnelles, les climats organisationnels et la cohésion communautaire influencent les réseaux de symptômes et les trajectoires à long terme. La présentation aborde également le trauma collectif, la mémoire culturelle et les manières dont des événements à grande échelle, tels que les conflits, le terrorisme et les crises chroniques, façonnent les conséquences psychologiques au niveau populationnel. En intégrant les perspectives individuelle, relationnelle et sociétale, cette conférence souligne la nécessité de systèmes informés par le trauma qui reconnaissent la complexité des expériences post-traumatiques. La présentation conclut par des pistes pour des approches plus holistiques et socialement ancrées du rétablissement suite à un trauma, permettant de retisser les liens, de redonner de l’autonomie et de recréer un sens collectif.
Symposium – Comprendre et agir sur les mécanismes du trouble de stress post-traumatique (vendredi 20 mars – 9h30 -10h30)
Colère et trouble de stress post-traumatique (TSPT) : une approche par la théorie des réseaux dans une population de militaires français
Marion Trousselard – Ecole des Psychologues Praticiens (France)
Introduction : le TSPT se caractérise par des dérégulations émotionnelles qui dépassent la peur. Parmi elles, la colère occupe une place centrale. Elle demeure souvent « oubliée » alors qu’elle impacte la qualité de vie des patients, et du soutien social. Afin de mieux caractériser la colère dans le TSPT, une exploration des relations entre ses sous-dimensions a été réalisée.
Méthode : les interactions entre la colère état et trait (Spielberger’s State-trait Anger Expression Inventory) et la rumination de colère (Anger Rumination Scale) ont été examinées par la théorie des réseaux entre trois groupes de militaires caractérisés par leur score à la posttraumatic CheckList-5 : contrôle (n=61), subclinique (n=52), et clinique (n=50).
Résultats : Les réseaux révèlent une bonne stabilité uniquement pour les groupes contrôle et clinique. Dans le groupe contrôle, la sous-dimension « revanche » est la moins centrale, tandis que la connexion la plus forte relie « pensées de colère » et « compréhension des causes ». Dans le groupe clinique, la sous-dimension « souvenirs de colère » apparaît la plus centrale, fortement connectée à « compréhension des causes ».
Conclusion : la colère dans le TSPT présente le réseau le plus stable et organisé. L’instabilité observée dans le groupe subclinique pourrait refléter une hétérogénéité interindividuelle ou une moindre cohérence symptomatique. L’approche par les réseaux offre un éclairage innovant sur les mécanismes d’activation et d’auto-entretien de la colère dans le TSPT, invitant à une meilleure intégration de cette émotion dans la prise en compte du soutien social.
Soutien social, soutien organisationnel et traumatisme psychique chez les professionnels de la relation d’aide : le rôle médiateur de la régulation émotionnelle
Ophélie Lefetz – Université de Rouen Normandie (France)
Contexte : les professionnels de la relation d’aide (e.g., éducateurs, assistants-sociaux) sont particulièrement exposés à des situations à potentialité traumatique. Plusieurs travaux ont établi que le soutien social (e.g., Fuller et al., 2024 ; Zhou & Yin, 2025) et la régulation émotionnelle (Seligowski et al., 2015) étaient négativement associés à l’apparition d’un Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT). Toutefois, peu d’études explorent la complémentarité de ces variables dans la résilience
face au TSPT. En favorisant une réévaluation positive des situations, le soutien social pourrait induire une meilleure régulation émotionnelle médiatisant alors son effet sur les symptômes de TSPT. Dans ce contexte, notre étude explore les liens entre quatre formes de soutien (organisationnel, des proches, des collègues et du supérieur hiérarchique), la régulation émotionnelle et les symptômes de TSPT.
Méthode : un échantillon de 677 professionnels de la relation d’aide a répondu à un questionnaire en ligne (82% de femmes). Le modèle de médiation a été testé par modélisation d’équations structurelles.
Résultats : seuls le soutien des proches et le soutien organisationnel sont liés aux symptômes rapportés de TSPT, et ce de manière directe comme indirecte. Le modèle explique une grande part de la variance des symptômes de TSPT (44,3%).
Perspectives : bien que la régulation émotionnelle soit une composante individuelle importante du processus de résilience face au TSPT, nos résultats soulignent l’importance des ressources sociales et organisationnelles. Des dispositifs interventionnels visant à majorer le soutien organisationnel et des proches pourraient limiter l’apparition du TSPT chez ces professionnels.
Une perspective énactive du trouble de stress post-traumatique : la sonification du mouvement, une technologie d’ancrage sensorimoteur pour réduire la dissociation
Vladimir Adrien – Université Sorbonne Paris Nord (France)
Contexte : le trouble de stress post-traumatique (TSPT) altère le sens de l’agentivité (SA), i.e. la sensation d’initier et de contrôler une action, la perception subjective d’être un agent à l’origine événements du monde extérieur. L’événement traumatique (ET) peut être interprété comme un effondrement du SA qui force le sujet à se dissocier. Mais l’intensité de la dissociation péritraumatique est un facteur de risque de TSPT. Des technologies innovantes sont développées dans le but d’augmenter ou de restaurer le SA dans le psychotraumatisme.
Méthodes : notre équipe expérimente la sonification du mouvement (i.e., des bracelets sans fils connectés à des enceintes, qui transforment les mouvements du corps en sons), une technologie dépourvue d’écran où seul le sens de l’audition est augmenté, comme thérapie somatosensorielle qui peut augmenter l’ancrage et restaurer le SA à toutes les étapes du
processus thérapeutique, y-compris en prévention primaire et au moment de l’ET. C’est l’objet de l’étude d’acceptabilité et de faisabilité SONICUMP qui étudie son effet dans la phase post-immédiate de l’ET, en add-on de l’intervention psychothérapeutique post-immédiate, à la cellule d’urgence médico-psychologique du 93.
Résultats : nous présenterons au colloque le protocole de l’étude SONICUMP ainsi que des résultats préliminaires. Nous évoquerons nos explorations qualitatives au sein des différentes unités du service.
Perspectives : un projet hospitalier de recherche clinique est en cours de construction : il s’agira d’un essai contrôlé randomisé testant la sonification du mouvement en add-on de la thérapie d’exposition dans le TSPT. 130 patients seront inclus au sein de 7 centres spécialisés en France.
Se rendre au FIAP Paris
- Au départ de la Gare du Nord : RER B direction Saint Rémy-lès-Chevreuse arrêt Denfert-Rochereau
- Au départ de la Gare de l’Est : Métro 4 direction Bagneux – Lucie Aubrac arrêt Mouton Duvernet
- Au départ de la Gare de Montparnasse : Métro 6 direction Nation arrêt Saint-Jacques
- Au départ de la Gare Saint-Lazare : Métro 13 direction Châtillon Rouge arrêt Paris Montparnasse puis le Métro 6 direction Nation arrêt Saint-Jacques
Additional Details
E-mail/URL d’inscription - https://cn2r2026.sciencesconf.org/registration?lang=fr

