Il n’existe pas de scénario type de reconstruction. Chacun peut trouver son propre chemin. Nos capacités de résilience dépendent de multiples facteurs notamment le lien, le sens et le soin.


Quelques conseils pour prendre soin de vous

Parler de ses expériences émotionnelles est un levier puissant pour susciter un comportement de soutien pendant les périodes difficiles. Cependant, nous évitons souvent de parler de nos expériences négatives – de peur d’être jugé ou stigmatisé – et passons ainsi à côté des avantages du partage d’affect et de l’entraide. Une étude a été menée sur la population après l’attentat terroriste de 2004 à Madrid. Les chercheurs ont constaté que parmi les personnes qui avaient partagé leur vécu, on assistait à une augmentation de la solidarité et du soutien social, une semaine encore après les attentants ; ainsi qu’une diminution de la solitude, 7 semaines plus tard.


Ne vous isolez pas. Éviter la solitude pour ne pas vous enfermer dans des ruminations et parler pour partager vos émotions. Quelqu’un parmi vos amis, votre famille, et les personnes qui comptent pour vous peut vous écouter et vous aider. Tous les travaux réalisés sur le sujet le prouvent, les personnes qui bénéficient d’un bon soutien de leur entourage, qu’il soit familial ou amical, augmentent leurs chances de voir l’intensité de leurs symptômes diminuer.


Consultez les professionnels de santé à votre service. L’erreur à ne pas commettre, c’est de se dire : « On ne peut rien pour moi ».  En fait, les médecins, les infirmières, les psychologues et même les groupes de parole sont d’un grand secours sur le chemin de la résilience. Vous pouvez vous appuyer sur eux et, pourquoi pas, si elle occupe une place dans votre vie, sur la spiritualité. 


Il y a, évidemment, des pièges à éviter, car ils aggravent les choses. L’alcool, le tabac, la drogue… On peut être tenté d’y trouver momentanément refuge. Il peut même arriver que ça nous fasse du bien au tout début, mais soyez sûr que les difficultés seront ensuite exponentielles. De même, pas d’automédication. Parlez-en toujours à votre médecin avant tout achat en vente libre.


Ne cherchez pas à éviter de parler de l’événement. L’évitement de ce qui rappelle le trauma peut vous sembler être une façon de contrôler les symptômes. Toutefois, si cette attitude peut vous sembler aidante au début, elle empêchera les pensées reliées au trauma de s’atténuer progressivement. Il est préférable de trouver quelqu’un à qui parler (professionnels, amis, bénévoles, personnes importantes pour vous). Il faut cependant bien choisir son confident.


Essayez de reprendre vos anciennes activités. Dès que les circonstances le permettent, reprenez autant que possible votre horaire et vos activités habituelles. Les personnes souffrant de troubles de stress post-traumatique ont souvent tendance à abandonner les activités sociales et professionnelles qui structuraient leur journée et donnaient un sens social à leur vie.


Renseignez-vous sur les troubles que vous ressentez. N’hésitez pas à consulter des informations fiables sur ce dont vous souffrez. Le but n’est pas de devenir un expert mais de mieux les comprendre pour mieux y faire face.


Kintsugi, l’art de la résilience

Entendu lors d’un congrès, une métaphore apaisante !


Je suis un vase. Plutôt beau, utile, il plait beaucoup à tous ceux qui s’occupent de lui, le bichonnent avec tendresse, ou bien le regardent de loin, sans trop oser y toucher finalement.
Tout nouveau tout beau !
Mais voilà, cela n’a pas duré…


Bing, un coup maladroit et il s’est fendu.
Bang, ce jour-là il n’était pas à la bonne place, au bon endroit et il a reçu un coup qui lui a laissé une bien vilaine trace.
Boum, c’est une rage incompréhensible, peut-être sournoise qui l’a heurté violemment, le laissant par terre, ébréché.
Quelqu’un l’a remis à sa place et vraiment en le tournant d’une certaine façon, on n’y voit pas trop de dégâts.


Des années passent. Dans son coin, ce vase, se rapetisse, comme il est fendu, on hésite à s’en servir. D’ailleurs les beaux bouquets, il n’en veut plus non plus, il a bien peur de ne plus savoir quoi en faire.


Ce vase, même cassé, il ne peut pas en rester là.
Il y a l’ amour de tous ceux qui sont autour de lui.
Il y a le savoir faire de ceux qui savent recoller les morceaux et qui le font avec patience et détermination.


Du temps passe. Longtemps parfois. Car le vase est vraiment en piteux état.
Parfois, on recolle tout, ça a l’air bien. Mais pas de chance, on n’a pas vu un gros morceau hideux, venu d’on ne sait où, incrusté à l’intérieur ; et qui pousse le tout à se briser de nouveau.
Alors on recommence.


A force le vase, commence à reprendre de l’allure, même s’il est recollé de partout. Il n’est bien sûr plus du tout comme avant. 
Il est même assez différent mais il a une certaine beauté : une vraie mosaïque ; une oeuvre unique ; un air tellement énigmatique pour certains ; et pour d’autres, c’est juste leur vase.
Le vase qui doit réussir ultimement à s’accepter et s’aimer lui-même.


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