L’attentat de Nice du 14 juillet 2016 a provoqué la mort de 86 personnes de 19 nationalités différentes et fait près de 500 blessés. Ce soir-là, près de 30 000 personnes étaient venues assister au feu d’artifice dans la deuxième ville la plus touristique de France. Cet attentat est aussi le premier en France qui a impacté autant d’enfants puisqu’il a ciblé des familles et des groupes amicaux qui venaient profiter du spectacle. Six ans après l’événement, le procès débute à Paris le 5 septembre 2022. Il est prévu pour durer de quatre mois. Le premier objectif d’un procès est toujours judiciaire. C’est une étape importante pour les impliqués qui permet aussi de redonner son importance à chaque histoire individuelle. Cependant le procès peut aussi réactiver des souvenirs douloureux. Des solutions existent pour prendre soin de votre santé mentale et de celle de vos proches.

Quels sont les signes de TSPT ?
Six ans après l’événement, les symptômes habituels du TSPT évoluent. Des signes habituellement plus discrets deviennent des indicateurs importants pour alerter que la personne se retrouve en difficultés :

  • Instabilité
  • Efficacité moindre dans son quotidien
  • Repli sur soi
  • Changement d’humeur et basculement dans une vision négative du monde
  • Tendance excessive à suivre le procès, comme si la personne était « happée »

Le moment du procès peut être difficile car il peut raviver ou réveiller l’expérience traumatisante. Prendre soin de soi est particulièrement important. Il est nécessaire de se protéger d’une surexposition, notamment médiatique : nous ne sommes pas obligés de tout voir et de tout regarder. Il est aussi important de ne pas enfouir son ressenti mais au contraire, d’en parler et de ne pas s’isoler. Il n’est pas possible d’effacer le traumatisme mais il est possible de lui donner du sens et de reprendre une vie, différente certes, mais qui vaut la peine d’être vécue.

Recommandations à l’attention des victimes directes, indirectes et proches endeuillés

Recommendations for direct and indirect victims and bereaved relatives

Interview du Professeur Michel Benoit

Psychiatre au CHU de Nice – responsable du centre régional du psychotrauma PACA-Corse

Se repérer dans le procès : association Montjoye

Les enfants et adolescents ont besoin de se reconnaître comme victimes, de mettre des mots sur ce qu’ils ont vécu. Certains enfants et adolescents endeuillés espèrent aussi que le procès va leur raconter leur histoire et leur apporter des réponses. Ils peuvent chercher du sens à l’événement qui a fracturé leur vie. Le procès ne pourra pas répondre à cette aspiration. En revanche, si l’enfant est prêt et le souhaite, c’est l’occasion de revenir sur l’histoire familiale, à condition que les adultes autour de lui se sentent capables de le faire. Chaque famille a son histoire et ses capacités à y faire face à ce moment précis. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner en famille si besoin.

Durant le procès, il est important d’être attentif aux besoins de votre enfant et de le protéger si nécessaire :

Recommandations à l’attention des proches et accompagnants des enfants victimes

Recommendations for relatives and caregivers of child victims

Interview du Professeur Florence Askenazy

Psychiatre de l’enfant et de l’adolescent à l’Hôpital Universitaire Pédiatrique – Fondation Lenval

La particularité de l’attentat de Nice est d’avoir touché des groupes familiaux et amicaux présents ensemble sur la Promenade des Anglais. Ceux qui n’étaient pas présents avec leurs proches peuvent ressentir de la culpabilité, de la honte et se sentir impuissants face à leurs souffrances. Pourtant leur soutien est essentiel pour créer un espace sécurisé et bienveillant où leurs proches puissent exprimer leurs ressentis et revenir sur leurs expériences.  

Les conséquences traumatiques d’un attentat peuvent faire ricochet à plusieurs niveaux. Certains professionnels (pompiers, soignants, police, acteurs publics etc.) qui sont intervenus au moment de l’attentat peuvent souffrir de séquelles psychotraumatiques qu’il est important de prendre en charge. D’autres professionnels peuvent aussi rencontrer des personnes qui présentent des signes de TSPT et endosser un rôle de sentinelle bienveillante. Un mémo prochainement en ligne permettra aux médecins généralistes de mieux les accompagner.

Après l’orage, Hélène Romero et Adélie Day, Editions courtes et longues, 2016

Cet album jeunesse, à partir de 4 ans et jusqu’à 12 ans, permet de parler en famille de l’attentat. C’est un point de départ simple et rassurant pour amorcer un dialogue alors que des reviviscences pourraient survenir. Les illustrations en quatre couleurs et les mots choisis par l’autrice, psychopathologue, spécialiste du trauma de l’enfant, permettent d’aborder en douceur mais avec les clartés les angoisses et les émotions de chacun.

Partager sur :