Consolider l’état des savoirs

Le secrétariat d’État aux victimes, créé pour être l’interlocuteur des victimes des attentats qui ont touché la France durant l’année 2015, avait confié à Mme Françoise Rudetski, une mission de réflexion et de proposition sur un projet de centre national de ressources et de résilience (CN2R) pour toutes les personnes victimes d’accidents collectifs, et tout particulièrement pour les actes terroristes. Ce centre est notamment destiné à consolider l’état des savoirs dans le champ des traumatismes psychologiques et à améliorer les modalités de prise en charge psychologiques. Madame Rudetski a remis son rapport au Président de la république en janvier 2017. Une note conjointe de l’IGF et de l’IGAS sur la préfiguration d’un centre national de ressources et de résilience a été rédigée ensuite, en juin 2017.


Améliorer la prise en charge

Lors du comité interministériel du 10 novembre 2017, le Premier ministre a acté le plan interministériel de l’aide aux victimes qui comporte plusieurs mesures visant à renforcer le parcours de résilience des victimes. L’une de ces mesures avait pour objectif la création du centre national de ressources et de résilience (CN2R), destiné à travailler sur la connaissance du psychotraumatisme pour améliorer la prise en charge de l’ensemble des victimes.
Pour le Pr Thierry Baubet, référent scientifique du CN2R, cette fragilité concerne « les victimes d’attentats, de catastrophes naturelles ou industrielles, de viols, de violences familiales ». Mais aussi les « situations de harcèlement scolaire ou professionnel, de migrations, de prises en charge d’enfants de retour de pays en guerre ».


Promouvoir la recherche et la formation

Un groupe de travail composé de représentants des ministères des solidarités et de la santé, de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, des armées, de l’intérieur, de la justice et de l’éducation nationale, s’est alors constitué sous l’égide de la Délégation interministérielle à l’aide aux victimes. Après avoir auditionné des professionnels et des experts de différents champs du psychotraumatisme, le groupe a défini les missions du CN2R centrées sur :

  • la promotion (nationale et internationale) et la mise à disposition de tous les travaux de recherche déjà entrepris relatifs au psychotraumatisme et à la résilience et l’identification des manques afin de définir des axes de travail et de recherche,
  • la diffusion de bonnes pratiques en matière de prise en charge des troubles psychiques post-traumatiques et la formation des professionnels notamment à travers l’élaboration d’outils pédagogiques,
  • l’animation scientifique du réseau des dispositifs de prise en charge dans ce domaine,
  • une meilleure connaissance du concept de psychotraumatisme, au niveau individuel et de la société,
  • le lien avec le réseau national de l’urgence médico-psychologique (CUMP) et les autres acteurs du soin médico-psychologique et de l’aide aux victimes.

Impliquer les personnes concernées

Le projet du CN2R est traversé de part en part par l’apport de l’expérience victime / patient. On prend en compte dorénavant la masse de savoirs accumulés chez les personnes concernées et leurs familles qui en font souvent des experts et plus encore des partenaires. 
Pour le Pr Guillaume Vaiva, référent scientifique du CN2R, « Le CN2R est centré sur l’apport de l’expérience des victimes ou des patients, de nos équipes et celles des centres de soins régionaux. Il prend en compte toute la diversité des populations concernées, dans une approche globale de la personne psychotraumatisée ».


Développer un réseau de proximité

Le CN2R n’est pas un lieu de prise en charge des victimes. Par contre, il a vocation à faire connaître, stimuler et accompagner les initiatives locales au service des personnes exposées. L’une des premières actions est la réalisation d’une cartographie nationale s’appuyant sur les 12 centres régionaux du psychotraumatisme.

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