Accompagner les réfugiés Afghans arrivés en France depuis août 2021 : dépasser les représentations pour relever le défi médico-social

Faisant suite à l’actualité internationale, le Cn2r mobilise son expertise sur les psychotraumatismes pour favoriser la concrétisation de la solidarité nationale à l’égard des réfugiés Afghans. Hommes, femmes, adolescents et enfants – isolés, éprouvés par la fuite, égarés par la perte de tout repère – ont fui la guerre en Afghanistan et la prise de pouvoir des Talibans à Kaboul le 15 août 2021. Si l’arrivée de près de 2 700 Afghans sur le territoire français a attiré l’attention des politiques et des médias, l’urgence de leur réserver un accueil digne et un accompagnement adapté doit trouver une réalité concrète.

L’arrivée de la personne en situation de migration soulève la question de la place réservée à l’Autre au sein d’une nation. Favoriser l’intégration des migrants est un travail de longue haleine puisqu’il s’agit d’examiner de front les questions de normes et de représentations sociales. La recherche en sciences humaines et sociales doit donc y tenir toute sa place afin d’apporter des éléments tangibles de réflexion menant in fine à l’action. Quant au travail de tout accueillant – médecin, psychologue, spécialiste de l’accompagnement social – il mobilise une éthique de responsabilité qui doit permettre de dépasser les points de crispation afin de consacrer le principe de la protection de la santé physique et psychique de l’individu. La prise en charge des difficultés et des souffrances liées à la migration doit être un lieu commun, que ce soit dans le cadre de l’arrivée des réfugiés Afghans ou vis-à-vis de toute situation liée à l’exil et à la demande d’asile.

Cela étant dit, la pratique de l’éthique de responsabilité à l’égard des réfugiés Afghans n’est pas une chose aisée : les obstacles à l’accompagnement et à la communication interpersonnelle sont nombreux. Les professionnels du soin ont donc besoin d’être soutenus dans leur mission d’accueil, d’écoute, d’orientation et de prise en charge thérapeutique. Aussi le Cn2r met-il à leur disposition une série de ressources jugées utiles pour permettre une action efficace visant notamment à créer puis entretenir le lien avec la personne réfugiée. La recherche d’une proximité implique que la question de la langue et de l’interprétariat soit traitée comme une priorité. Elle signifie aussi que les soignants soient en mesure de questionner leurs propres représentations afin de favoriser l’écoute et l’échange avant toute forme d’intervention. L’accueil des réfugiés Afghans, à l’instar de celui de toutes les personnes en exil, constitue un défi médico-social pour celles et ceux qui interviennent dans le parcours de prise en charge, de soin et d’intégration des migrants.

Pr Thierry Baubet et Pr Guillaume Vaiva

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